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Exemples de jeux pédagogiques au 18 ème siècle
Histoire du jeu pédagogique -

Jeu de cartes et jeu de l'oie ont été les supports populaires les plus utilisés au XVIIIème siècle, mais les marionnettes de Mme de Genlis et les jeux scientifiques du pasteur Oberlin ont également marqué cette époque foisonnante.

Et cette approche par le jeu ne s’applique pas qu’au domaine de la lecture.

Dans la continuité du XVIIéme siècle, les jeux pédagogiques se développent et prennent un nouvel essor grâce aux progrès de l’imprimerie et au rôle des colporteurs itinérants qui vont introduire ces jeux jusqu’au fond des campagnes.

D’une manière générale, le jeu de cartes et le jeu de l’oie vont être les supports les plus couramment utilisés pour enseigner diverses matières telles que l’histoire, la géographie, ou la grammaire.

Mais on trouve également d’autres formes de jeux.

Ainsi, les jeux géographiques sont très en vogue, sous forme de cartes à compléter ou de cartes murales.

Les marionnettes s’avèrent très utiles pour enseigner l’histoire. Elles développent la curiosité et permettent aux enfants d’acquérir une « connaissance encyclopédique » en mettant à leur portée le monde réel.

 

Les maquettes de Mme de Genlis 

Celles de Madame de Genlis sont particulièrement admirables. Pédagogue dans l’âme, la jeune femme est introduite au Palais Royal en 1772 par sa tante, Madame de Montesson, et devient rapidement la préceptrice des enfants du Duc de Chartes, puis d’autres enfants princiers par la suite. S’inspirant de la philosophie sensualiste de Condillac , elle prône une éducation basée sur l’observation et le contact direct avec la réalité. Ses élèves cultivent leur jardin, parlent anglais et italien lors des goûters, jouent des saynètes, découvrent l’histoire de la Chine et du Japon grâce aux illustrations projetées par une lanterne magique, sans négliger les exercices physiques.

Et lorsque le contact direct avec la réalité est impossible, Madame de Genlis fait fabriquer des maquettes. C’est ainsi que les enfants découvrent des navires, des moulins à vent, la machine à vapeur, et des très nombreux métiers manuels grâce aux ateliers miniatures avec lesquels ils jouent.

Les maquettes de madame de Genlis sont exposées au Musée des Arts et Métiers de Paris, et dans le dossier qui fut consacré à cette femme hors du commun en avril 2002. 

 

Les jeux scientifiques du pasteur Oberlin 

Mais c’est probablement le Pasteur Oberlin qui est à l’origine de la démocratisation du jeu pédagogique. Il introduit dans la classe des jouets d’optique et des jouets scientifiques, ainsi que des poupées de bois, des dînettes, des acrobates chinois fonctionnant au mercure et autres soldats en étain permettant des maintenir l’attention des élèves en créant une alternance dans les activités.

Pour aller plus loin, nous vous conseillons une lecture passionnante : « Les jouets des enfants de France », conférence donnée par Claude Lamboley à l’académie des Sciences et Lettres de Montpellier, le 29 mars 2004.

 

>> Le jeu : outil pédagogique ou idéologique ?

 


Madame de GENLIS

Félicité-Stéphanie du Crest de Saint-Aubin (1746-1830), gouverneur à la Cour, et écrivain pédagogique. Elle est marquée dès l’enfance par la richesse de l’éducation qu’elle reçoit de sa mère : lecture, musique, théâtre, danse.
Son mari meurt sur l’échafaud et elle connaît l’exil sous la Révolution. Mais en 1812, l’Empereur la nomme Inspectrice des Ecoles Primaires.

Son œuvre est essentiellement consacrée à la pédagogie : Leçons d’une gouvernante à ses élèves (1791), Projet d’une école rurale pour l’éducation des filles (1801), Mémoires inédits sur le XVIIIème siècle et la révolution française (1825).

 


Pasteur OBERLIN

Pasteur protestant alsacien (1740-1826). Il défend une éducation pour tous, dès trois ans, qui introduit le calcul et la lecture à cinq ans. Il s’appuie sur le goût des enfants pour le jeu et pour la nature. Véritable précurseur de l’utilisation des jeux pédagogiques en classe.

 


CONDILLAC

Etienne Bonnot, abbé de Condillac, philosophe et pédagogue français (1715-1780).
Chef de file des philosophes « sensualistes » en France, il défend l’idée que toute connaissance est le fruit d’une expérience.
Essai sur l’origine des connaissances humaines – 1746
Traité des sensations - 1754